Avec The Voice Belgique, La Une a gardé la note malgré tout

La saison 2 de « The Voice Belgique » s’est achevée la semaine dernière. Avec deux nouveaux coaches et des règles quelque peu remaniées, l’édition 2013 du télé-crochet de la RTBF a fait la part belle à la diversité des talents. Quant aux audiences, elles ont évolué en dents de scie.

C’est David Madi, un talent de l’équipe de Marc Pinilla, qui s’est imposé, au terme de seize semaines de compétition. Tuner dresse le bilan de cette seconde saison de « The Voice Belgique ».

Qualitativement

Suites aux critiques formulées l’an dernier sur le déroulement des épreuves, la production a profité de cette nouvelle saison pour apporter quelques modifications au concours. Partant du constat que les épreuves des Duels et les Lives suscitaient moins d’intérêt que les Blinds Auditions, il a donc été décidé d’ajouter la règle dite du « talent volé », histoire de prolonger le suspense. Quant aux premiers Lives, alors que l’an dernier ils ne regroupaient que deux des quatre équipes en alternance, il a été décidé qu’ils se consacreraient désormais à la moitié des candidats de chacune des équipes, afin qu’aucun coach ne joue de la figuration une semaine sur deux. Malgré cela, il faut bien avouer que la nouvelle formule n’est pas plus simple que la précédente, et que les changements apportés n’ont pas vraiment été déterminants.

Bien que réduit de dix-sept à seize semaines, le déroulement de cette saison 2 a paru tout aussi interminable que la précédente. C’est bien simple, « The Voice Belgique » aura occupé le prime time de La Une durant près d’un tiers des mardis de l’année ! Rien de tel pour susciter de la lassitude… ou une overdose.

Un autre changement a été apporté au programme, cette fois-ci, du côté des coaches. Exit Lio et les Joshua. Pour les remplacer, la production a fait appel à une chanteuse expérimentée, à savoir Natasha St Pier, ainsi qu’au leader du groupe belge Suarez, Marc Pinilla. Un choix qui s’est avéré judicieux : leur coaching exigeant a apporté de la crédibilité au concours. Et très rapidement, les nouveaux venus se sont sentis comme des poissons dans l’eau, en développant une bonne complicité avec le reste du jury.

La bonne humeur, justement, semblait être le mot d’ordre dans ce concours. Car le moins que l’on puisse dire, c’est que l’équipe était loin de se prendre au sérieux. De quoi créer une ambiance détendue, et communicative. Quoiqu’un peu de réserve ne ferait parfois pas de mal : entre Natasha se roulant au sol pour convaincre un talent de la rejoindre, et Quentin Mosimann apparaissant dévêtu pour la finale, c’était un peu à celui qui en ferait le plus pour épater la galerie.

Mais l’essentiel dans un concours de chant, ce sont bien entendu les candidats. Et cette seconde saison aura fait la part belle à la diversité. Tandis que l’an dernier, la sélection avait amené quatre chanteurs de variété en finale, il n’en était rien cette année. Il semblerait que les coaches aient enfin compris qu’exiger d’un rockeur qu’il chante du Justin Bieber ou d’une chanteuse de soul qu’elle reprenne de la chanson française est totalement contre-productif. Résultat : chacun des finalistes avait un univers bien à lui.

Michaël semblait être un OVNI capable de mettre à sa sauce n’importe quel morceau. Robin avait un style déjà bien marqué, et reprenait avec aisance aussi bien Christophe Maé que Jamiroquai. Angy, quant à elle, s’est avérée être une chanteuse à voix capable de rivaliser avec les professionnels, comme en atteste son duo avec Lara Fabian. Natasha St Pier lui fera même le meilleur des compliments lorsque, durant les Blinds, elle déclara vouloir chanter en duo avec elle. Enfin, David, le vainqueur de cette édition 2013, a pu convaincre le public tant grâce à sa personnalité mélancolique qu’à ses prestations de rockeur. Sa reprise de « La Nuit » d’Adamo, en duo/duel avec Cyriaque, restera gravé dans les mémoires de plus d’un téléspectateur.

Enfin, notons aussi que les invités des Lives étaient d’un meilleur choix que l’an dernier. Matt Pokora, Christophe Maé, Lara Fabian, Alex Hepburn ou encore Puggy se sont ainsi succédés sur la scène du studio de Médiarive. Seul Roberto Bellarosa, invité tant comme précédent gagnant que comme représentant de la Belgique à l’Eurovision, dénotait quelque peu.

Quantitativement

En ce qui concerne les audiences de cette saison, nous constatons qu’elles ont évolué en dents de scie. Sans surprise, et comme l’an dernier, ce sont les Blinds qui ont le plus rassemblé, avec en moyenne 543 717 téléspectateurs et une PDM de 29,25%, au contraire des Duels (471 400 télésp. et 25,38% de PDM en moyenne) et des Lives (437 650 télésp., et 26,42% de PDM). C’est d’ailleurs le quatrième épisode des Blinds auditions qui remporte la palme de l’émission la plus regardée cette saison, avec 613 200 téléspectateurs, et une part de marché de 32,2%.

L’évolution des audiences de « The Voice Belgique » s’apparente donc à une lente érosion, au fil des semaines. Cependant, la demi-finale puis la finale ont permis à l’émission de retrouver des couleurs. Le dernier Live a même fait mieux que celui de l’édition 2013, en rassemblant 531 500 téléspectateurs, pour 30,2% de PDM.

Globalement, par rapport à l’an dernier, les audiences du télé-crochet se sont légèrement tassées : en moyenne, 485 863 téléspectateurs ont suivi le show (contre 523 000 l’an dernier), ce qui représente 27,22% de PDM (contre 28,3%). Une baisse qui s’explique en partie par le décalage de la saison 2, qui a commencé un mois plus tard, s’exposant ainsi au temps clément des soirées de printemps. Notons également que la concurrence a été rude, et en particulier en raison du football : un match des Diables rouges, ainsi que deux belles affiches de Ligue des Champions, ont forcé « The Voice Belgique » a passé sous la barre des 400 000 téléspectateurs.

Toutefois, « The Voice Belgique » reste l’une des valeurs sûres de la RTBF. Ses audiences restent largement au-dessus de la moyenne des primes times de la chaîne publique (319 872 téléspectateurs et 18,57% de PDM en moyenne, depuis le 1er janvier). Et ce, même en cas de contreperformance du télé-crochet : la plus faible audience enregistrée cette année fut de 372 000 télésp., soit 18,8% de PDM. En outre, l’émission s’est classée 11 fois en tête des audiences en nombre de téléspectateurs, et 14 fois en terme de PDM.

En conclusion, la saison 2 de « The Voice Belgique » aura maintenu le cap, malgré un petit tassement de ses audiences. La RTBF a désormais les cartes en main quant à une éventuelle troisième saison. Avec la prochaine interdiction du placement de produit dans les émissions de flux, la facture du service public pour son télé-crochet pourrait fortement augmenter. Si La Une garde la note, celle-ci pourrait être salée…

Quentin Gillet

redaction@tuner.be

Photo © RTBF

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