Ushuaïa, extrême nature est l'occasion de revivre, entre humour et émotion, les séquences exceptionnelles qui ont marqué les 20 ans de l'émission. Producteur délégué d'Ushuaïa depuis 1990, Pascal Anciaux évoque pour nous l'évolution du magazine depuis sa création.
Que souhaitez-vous montrer dans ce numéro consacré aux 20 ans d'Ushuaïa ?
A la fin des années 80, Nicolas Hulot a eu envie de se servir de la planète - dans le sens noble du terme - comme d'un terrain de jeu. La mode des sports extrêmes commençait. Au fur et à mesure du temps et de ces voyages, nous avons réalisé à quel point la planète était belle. Nous avons pris conscience de sa fragilité et de la nécessité de la protéger. Comme le dit Nicolas : "de l'émerveillement naît le respect".
Comment l'émission a-t-elle évolué depuis sa création en 1987 ?
Ushuaïa, le magazine de l'extrême a duré 8 ans. Les quatre premières années étaient essentiellement axées sur le "fun", l'adrénaline et la surprise. A partir de la cinquième année et jusqu'à la fin de cette émission en 1995, nous nous sommes tourné davantage vers la nature. Les plateaux avec Nicolas Hulot étaient toujours prétextes à lancer des sujets mais le choix des lieux était davantage justifié par rapport aux propos de Nicolas.
Après le Magazine de l'extrême, nous avons lancé Opération Okavango en prime-time. Nous souhaitions, dans cette émission, recenser toutes les beautés du monde, à raison d'un continent par an avec pour objectif d'avoir dressé pour l'an 2000 un bilan le plus exhaustif possible. Nous y utilisions des engins adaptés, qui nous ont permis d'accéder aux lieux parmi les plus reculés du monde. Nous avons "recensé" l'Afrique mais nous avons réalisé qu'il serait très difficile de continuer ainsi pour les autres continents, aux vues des contraintes géopolitiques, logistiques et financières. Nous avons donc décidé d'arrêter Okavango pour lancer l'émission Ushuaïa Nature qui serait la quintessence du Magazine de l'extrême et d'Opération Okavango.
Quelle a été l'émission la plus difficile à produire ?
Nous avons produit 300 numéros du Magazine de l'extrême, 9 d'Opération Okavango et 36 d'Ushuaïa Nature. Opération Okavango était la plus compliquée des trois en termes de logistique et d'organisation. Le monde devient, de toute façon, de plus en plus administratif et les problèmes géopolitiques compliquent la tâche.
Comment s'articule ce numéro exceptionnel ?
Nous suivons la chronologie de la création des trois émissions mais nous avons choisi de regrouper les sujets par thèmes à l'intérieur de chaque magazine. Nous souhaitons montrer l'évolution du Magazine de l'extrême ainsi que notre prise de conscience de la fragilité de la biodiversité et des écosystèmes de notre planète.
Comment expliquez-vous le succès d'Ushuaïa ?
Dans Le magazine de l'extrême, Nicolas Hulot, personnage charismatique, était au cœur des actions pour que les téléspectateurs s'identifient à lui et aient l'impression de voyager en sa compagnie. De plus, nous faisions des sujets courts, très éclectiques pour permettre à chacun de trouver un thème les intéressant. Pendant 52 minutes, le public visitait le monde entier à bord d'engins ahurissants. Les téléspectateurs ont pris conscience en même temps que nous de la beauté de la planète et ont adhéré peu à peu au discours de Nicolas. La beauté, l'originalité des décors de la nature et la façon de les filmer ont participé au succès croissant de l'émission du Magazine de l'extrême à Ushuaïa Nature. Ce n'est pas évident de parler en prime-time des oiseaux et des fleurs ! Nous avons donc souhaité, tout en restant parfaitement crédible et rigoureux, jouer sur la mise en forme en cherchant à raconter une vraie histoire.
L'émission a-t-elle un rôle à jouer dans le futur ?
Ushuaïa a contribué à une certaine prise de conscience. Au début des années 90, nous tenions déjà ce discours de sauvegarde de la nature. Notre but est de continuer à montrer la nature dans ce qu'elle a de plus beau pour garder notre émerveillement. Il faut dire aux téléspectateurs, sans les culpabiliser, qu'ils doivent être vigilants ; nous pouvons tout à fait continuer à vivre correctement, tout en étant plus attentif au respect de la planète.
Diffusion ce 1er janvier 2008 à 22h55 sur TF1.
Fabrice Staal
fabrice@tuner.be
Photo : © TF1